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#BrunchPhilo : Que faisons-nous de ce qui nous indigne ?

Accueillis comme toujours avec beaucoup de générosité par l’Orgelstubb, une quinzaine de participants se sont retrouvés dans une atmosphère chaleureuse pour réfléchir ensemble à la place de l’indignation dans nos vies.
La discussion a débuté par une question : « Qu’est-ce qui nous berce ? » Avant de parler de révolte, il s’agissait d’observer ce qui nous apaise ou nous endort.
 
Ensuite, la lecture de la Berceuse pour adultes d’Eugène Guillevic a permis d’explorer l’idée que l’accumulation d’indignations peut parfois conduire à l’impuissance plutôt qu’à l’action. Peu à peu, l’échange a déplacé la question du « qui a tort ? » vers « que puis-je faire ? ».
Nous nous sommes appuyés sur quelques éclairages issus de l’histoire de la philosophie : la dignitas romaine, la définition de la dignité chez Kant qui nous invite à ne jamais envisager l’humain comme moyen mais plutôt comme fin, la critique des dérives du tribunal de la raison par Laurent de Sutter dans Indignation totale, et la Clinique de la dignité de Cynthia Fleury, etc…
 
L’objectif n’était pas de supprimer l’indignation, mais d’examine dans quelle mesure on peut en faire un point de départ : transformer une émotion en gestes concrets,  au service du monde commun potentiellement meilleur.
 
Ce moment nous a permis de court-circuiter la « bipartition du monde » (ceux qui ont raison contre ceux qui ont tort). L’interprétation poétique ne cherche pas à établir un verdict, mais à ouvrir une dimension expérimentale. Nous avons quitté le terrain du « parce que » (la recherche de coupables et de causes figées) pour celui du « et si ». Faire de la « fabulation politique », c’est imaginer, à travers le texte, des mondes où l’indignation a déjà commencé à transformer la réalité. C’est un exercice de fiction qui donne du muscle à notre imagination politique.
 
Pour prolonger la réflexion, Nelly Margotton animatrice de nos brunchs philo, a publié un article dans sa newsletter :  Nos indignations : moteurs d’engagement ou piège narcissique ?

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