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#EchouerPourRéussir : Dan LECLAIRE « Accepter de toucher le fond pour mieux rebondir »

Dan Leclaire est consultant et animateur, un homme aux multiples facettes au parcours atypique. D’abord apprenti boucher, puis illusionniste-hypnotiseur, producteur, animateur, coach en entreprise, conférencier et consultant. Homme de spectacle depuis 2005, animateur radio depuis 2016, co-fondateur du CREDIR, fondateur de Mind Event Formation, créateur du tour de magie « Les Bretzels magiques », invité sur de nombreux plateaux TV et co-auteur de plusieurs ouvrages dont « La contre Manipulation » et « Les secrets du mentalisme ».

Derrière cette trajectoire singulière se cache un témoignage bouleversant sur la descente aux enfers, le syndrome de l’imposteur et surtout cette capacité extraordinaire à transformer ses failles les plus profondes en forces. Dan nous livre avec une sincérité rare son parcours semé d’embûches et nous explique comment ses enfants ont été le déclic pour remonter à la surface.

Des débuts difficiles : quand l'incompétence devient une évidence

Dan Leclaire, pouvez-vous nous parler de vos diverses activités au fil des années ?

Je vais commencer par le début, par le commencement, parce que tout a commencé il y a fort longtemps. J’ai appris le métier de boucher-charcutier-traiteur, mais qui n’a pas été la suite du parcours. Par la suite, j’ai été gérant des cuisines d’une maison de retraite dans laquelle j’ai été tellement compétent que j’ai été mis dehors, tellement j’étais incapable de faire le job comme il fallait.

Il fallait rentrer dans des cases et des exceptions sur 130 résidents. Il y avait 125 exceptions alimentaires et je n’y comprenais rien parce que c’était trop de logistique organisationnelle pour un créatif comme moi.

À la suite de ça, quand ils m’ont mis dehors, je me suis dit « mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de ma vie ? » Et je me suis dit « finalement, mon métier, ce que j’aime par-dessus tout, ce qui me plaît le plus, c’est faire de la magie. » J’ai toujours fait, depuis mes 14-15 ans, des spectacles de magie et je me suis passionné pour l’art de la magie.

Quand j’ai été mis dehors de la maison de retraite, j’ai dit « voilà, je vais faire ce que je sais faire le mieux », c’est-à-dire être au contact des entreprises avec un côté très entrepreneurial. Et j’ai fait de la magie pendant 10 ans en professionnel. D’abord des événements, des séminaires, des animations, des mariages, communions, anniversaires, enfin tout le panel.

L'échec fondateur : la boucherie qui a tout fait basculer

Si vous avez un échec en particulier à nous partager aujourd’hui, ce serait lequel ?

J’en ai plusieurs, mais j’en ai des fondateurs. Il y en a un en particulier qui a été véritablement celui qui a fait basculer l’ensemble de ma vie, qui me permet de faire ce que je fais aujourd’hui.

Il y a quelques années, j’ai eu la « bonne idée » d’ouvrir une boucherie. Je me suis entrepris dans cette aventure qui était mon métier à l’époque, mon premier métier, et ça a été mon plus cuisant échec. Ça a été un échec retentissant, douloureux, tant moralement que psychologiquement que financièrement, et aussi certainement physiquement.

C’est une succession de catastrophes à laquelle j’ai été confronté et particulièrement le 3D du dirigeant : dépression, divorce et dépôt de bilan. Et je peux vous dire que celui-là, il a été sacrément fondateur et il m’a littéralement écroulé.

Il m’a permis de toucher le fond. C’est que tant qu’on n’est pas au fond de la piscine, on ne peut pas rebondir. Donc il faut vraiment que les pieds touchent le sol pour qu’on puisse avoir suffisamment d’élan pour remonter à la surface.

Toucher le fond pour mieux rebondir

Donc cet échec pour vous, c’est comme une impasse que vous avez transformée en point d’appui ?

Oui, j’en ai fait un véritable point d’appui. C’était une impasse, c’était même une grotte, vous savez. Il n’y avait plus de lumière, c’était bas. J’avais l’impression d’être totalement contraint et je me suis dit à ce moment-là : « Je suis bon à rien, je n’arriverai à rien. »

Et au-delà de me le dire, j’ai renvoyé cette image et on me renvoyait cette image de l’extérieur. J’étais, je vais le dire comme je le pense, un vrai loser, véritablement. Et tous les regards que j’avais, en tout cas ce que je pensais, ce que je ressentais, était tourné vers « ce type, on ne peut rien en faire. »

La honte qui paralyse

Est-ce que vous êtes allé chercher ce soutien, cette aide ? Comment avez-vous procédé pour remonter à la surface ?

À l’époque, j’avais honte et il y a 20 ans, c’était honteux d’être en échec. J’ai commencé tôt ma carrière d’échec – pas de joueur d’échecs mais d’échec – parce que dès l’école j’étais au fond de la classe et en incompréhension totale de l’environnement scolaire dans lequel on voulait me poser.

J’aurais adoré trouver des gens, mais j’étais totalement bloqué et dans l’impossibilité de connecter parce que tétanisé par la honte. Et un jour, c’est quelqu’un d’extérieur qui m’a dit « peut-être tu devrais… et si tu rencontrais un tel et parlais-en lui ? » Ça a été la révélation.

C’est-à-dire écoutez les signaux faibles parce que souvent on vous le dit mais vous n’écoutez pas, vous l’entendez mais ça ne rentre pas. Il y a des moments pour ça. C’est quand vous êtes au moment de vous dire « maintenant j’en ai marre que ça me fasse mal, j’en ai marre de tomber éternellement dans ce trou que je vois et dans lequel je marche. »

Les enfants comme moteur de la reconstruction

D’où puisez-vous cette force pour vous reconstruire ?

Moi, je sais où j’ai puisé ma force. Ma force, c’était mes enfants. Je regardais mes enfants qui étaient tout petits à l’époque et je me disais « mais je ne peux pas leur faire honte. Ils ont besoin de moi, ils ont besoin d’un papa en bonne forme, en bonne santé morale, physique pour les nourrir physiquement mais aussi moralement. »

Et chez moi, ça a été ma source. S’ils n’avaient pas été là, ça aurait été très, très, très compliqué.

L'annonce du changement radical

Je me souviens très bien du jour où j’ai réuni toute ma famille. J’ai convoqué, invité lors d’un dîner toute ma famille et j’ai dit – j’avais 28 ans – « je j’ai fait jusqu’à présent des choses où j’étais dans un environnement qui ne me convenait pas. Je sais ce que je suis et ce que j’ai envie et ce que je peux faire. Mon métier à l’époque c’était de faire de la magie. Je vais devenir magicien, ce sera magicien et je serai magicien. »

Et je leur ai dit aussi un truc, ça je m’en souviens très bien : « Je ne vous demande pas votre avis. Je ne vous demande pas d’approuver ou de désapprouver. C’est une information que je vous transmets. Je sais ce qui est bon pour moi. Merci de m’avoir écouté. On passe à la suite. »

Les leçons de l'échec

Par rapport à ces échecs, qu’avez-vous appris ?

À force d’échouer, on finit toujours par réussir. Une vie sans échec, ce n’est pas possible. L’échec ne doit pas forcément être négatif et ne doit pas être forcément douloureux.

L’échec en ce qui me concerne m’a constitué, m’a permis de détecter – je suis très intuitif – d’augmenter mon niveau d’intuition encore et de comprendre les alertes qui se passent et qui réagissent dans mon corps.

Je crois que l’échec à 25-30 ans et l’échec à 50-60 ans, ce n’est pas du tout la même histoire.

Conseils pour ceux qui traversent l'épreuve

Quel message donneriez-vous à quelqu’un en situation d’échec actuellement ?

Laissez sortir ce qui est dedans. Ce qui est dehors n’est plus dedans. Ça laisse de la place et on peut mettre de nouvelles choses.

Je vous invite particulièrement à lire le livre de Laurent Gounelle, « L’homme qui voulait être heureux ». Petit bouquin, ça fait même pas 100 pages, ça se lit en 2 heures à peine, c’est extraordinaire et c’est un déclencheur extraordinaire.

À partir du moment où vous êtes en résonance positive avec vous-même, que vous trouvez la bonne voie – elle ne vient pas toute seule, ça nécessite un effort, ça nécessite de changer son mindset et d’aller vers quelque chose d’autre – mais une chose est sûre, c’est qu’à attendre que ça vienne tout seul, non, ça ne marche pas.

Le dialogue entre les deux Dan

Qu’est-ce que le Dan Leclaire d’aujourd’hui a envie de partager avec le Dan Leclaire de 15 ans ?

Je me suis beaucoup interrogé sur « si j’avais su », mais avec les « si » on ne fait pas grand-chose. Donc je suis dans la phase d’acceptation de la situation. Je remercie celui que j’étais avant parce que c’est ce qui a permis d’être aujourd’hui en parfaite harmonie avec mes valeurs et mon environnement, en me levant tous les matins en disant « Waouh, qu’est-ce que j’ai de la chance ! »

Et le Dan Leclaire de 15 ans, qu’aurait-il envie de dire au Dan d’aujourd’hui ?

Le Dan Leclaire de 15 ans n’aurait jamais pensé qu’il pouvait faire ça parce que ce n’était pas du tout écrit comme ça. Il parlerait certainement à tout son environnement en leur disant « surtout foutez-moi la paix et laissez-moi vivre. » Et il dirait à celui d’aujourd’hui « pourquoi tu ne les as pas envoyés balader avant ? »

Le message final

Un dernier message pour nos auditeurs ?

Ne vous laissez pas attaquer ni influencer par un environnement auquel vous ne croyez pas. Soyez vous-même. Soyez juste avec vous-même et surtout profitez de chaque instant avec ceux qui sont importants pour vous. Prenez du temps et du plaisir avec ceux que vous aimez parce que finalement, c’est quand même tout ce qui reste.

Les 5 leçons de Dan Leclaire pour transformer l'échec en renaissance

1. Accepter de toucher le fond pour mieux rebondir : « Tant qu’on n’est pas au fond de la piscine, on ne peut pas rebondir. Il faut vraiment que les pieds touchent le sol pour qu’on puisse avoir suffisamment d’élan pour remonter à la surface. »

2. Écouter les signaux faibles au bon moment : « Écoutez les signaux faibles parce que souvent on vous le dit mais vous n’écoutez pas. Il y a des moments pour ça, c’est quand vous en avez marre que ça vous fasse mal. »

3. Trouver sa source de motivation profonde : « Ma force, c’était mes enfants. Je me disais « je ne peux pas leur faire honte. Ils ont besoin d’un papa en bonne forme, en bonne santé morale et physique. » »

4. Assumer ses choix sans demander d’approbation : « Je ne vous demande pas votre avis. Je ne vous demande pas d’approuver ou de désapprouver. C’est une information. Je sais ce qui est bon pour moi. »

5. Transformer la honte en force : Sortir de la paralysie de la honte en acceptant l’aide extérieure et en reconnaissant que l’échec peut devenir le fondement d’une reconstruction plus authentique

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